Néopal et la problématique " failles lentes "

La relative méconnaissance du comportement des failles actives " lentes " par rapport aux failles plus rapides connues ailleurs dans le monde (Californie, Turquie…) provient surtout de leur imparfaite identification due à la rareté des séismes qu’elles produisent. Ainsi, les catalogues de la sismicité instrumentale (depuis 1962) ou historique (depuis le Vème s. en France, cf Sisfrance) ne sont pas représentatifs au regard des séismes destructeurs dont le temps de récurence est supérieur à 2000 ans. Les traces de ces évènements peuvent être le cas échéant préservées dans les sédiments quaternaires (<2 millions d'années). En paléosismologie, l'analyse de ces derniers donne accès au comportement de la faille et son cycle sismique. Le cumul de ces séismes sur un même accident peut être la cause d'une topographie dite " tectonique " en opposition à un relief résultant d'une érosion différentielle. L’analyse morpho-structurale de cette topographie renseigne sur le comportement de la faille source sur des durées comprises entre 10 et 1000 milliers d'années (domaine de la néotectonique).

Si ces séismes sont rares, ils pourraient néanmoins se montrer destructeurs. Leur prise en compte dans l'aléa sismique, en particulier dans le dimensionnement et/ou le confortement parasismique des installations industrielles dites à " risque spécial " (industries chimiques et nucléaires, barrages…), s’avère indispensable. En recensant les indices, en France et aux Antilles, de déformations récentes (paléosismicité et néotectonique) et en les rapportant à des structures enracinées dans la croute par opposition aux failles superfitielles, la base de données Néopal participe à ce double effort :

  • caractériser le comportement des failles lentes, en fournissant aux spécialistes un catalogue critique de failles sismogènes possibles,
  • évaluer l’aléa qu’elles génèrent.