Deux voies d’investigation : paléosismologie et néotectonique

Cette déformation est-elle susceptible de se concentrer sur des structures particulières et contribuer à l’édification de reliefs " tectoniques " ? Des travaux récents dans un contexte similaire sur la faille de Bree dans le graben du Rhin inférieur en Belgique ont montré que le cumul sur un même accident de plusieurs mouvements cosismiques a conduit au développement d’une topographie et de dépôts sédimentaires dont l’analyse donne accès à la segmentation et au comportement sismogénique de la faille (Camelbeck & Meghraoui, 1998). Ce travail montre clairement que le comportement sismogénique des déformations récentes est enregistré à l’échelle incrémentale dans les sédiments récents et peut être décrit par des études de paléosismologie. La topographie tectonique quant à elle résulte des effets additionnels de plusieurs séismes, ou alors d’une déformation plus continue asismique (fluage), et constitue un marqueur de la déformation dite cumulée, domaine de la néotectonique. Cette topographie qui intègre sur quelques dizaines de milliers d’années différents cycles sismiques, permet de plus de caractériser la déformation sur un emboîtement de différentes fenêtres de temps et d’espace. Le comportement sismogénique des failles " lentes " peut alors être plus spécifiquement discuté.

Topologie structurale

Paléosismologie et Néotectonique constituent deux approches complémentaires pour l’identification et la caractérisation des déformations récentes. La paléosismologie, en s’intéressant aux paléo-ruptures de surface induites par des séismes, décrit le comportement sismogénique des failles actives à l’échelle du cycle sismique. La néotectonique s’intéresse aux modalité de passage entre la déformation incrémentale (le séisme) et la déformation cumulée. Elle intégre donc le comportement d’une déformation sur plusieurs cycles sismiques.

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